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Insomnie des remparts.

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Heaume
Chef des Chevaliers d'Irianeth
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Messages postés : 38
Date d'inscription : 05/12/2012
Âge : 28

MessageSujet: Insomnie des remparts. Ven 8 Fév - 13:43

La nuit avait été brève, une paire d’heures passées au côté d’une femme, une humaine assez jolie, la fille d’un homme d’armes. Elle lui faisait des yeux de biche depuis plusieurs semaines, et il avait tué sa solitude avec elle pour cette nuit. Or pour une fille si jeune – elle avait du fêter son dix huitième anniversaire cette même année – elle avait été… Ah ça, il ne regretter pas ! Il n’était sûrement pas le premier à réchauffer le lit de la demoiselle, mais pour cette fois le père ne dirait rien. Il était chevalier d’Irianeth, il était chef de l’Ordre…

Il n’abusait jamais de son statut.
Mais ce dernier poussait de lui-même les autres à la clémence.

Après ses ébats amoureux, il n’avait cependant plus trouvé le sommeil.
Le soleil n’était pas encore levé qu’il rôdait déjà comme une ombre à travers la forteresse.
Il avait voulu réveiller Ketzalk pour se prêter à quelques passes d’armes, jusqu’à ce que ce dernier lui fasse sentir clairement que son altesse chevalier allait devoir se trouver une autre occupation, le soldat replongeant dans son sommeil plus profond qu’un gouffre. Et dans cette situation, rien n’y faisait, rien ne le réveillait. Padhiver, la mort dans l’âme et de fort méchante humeur, s’était fait une raison.

Vêtu d’un pantalon de cuir et de ses solides bottes, vieille de plusieurs années, il tuait son insomnie dans une cour extérieure de la forteresse. Par-dessus une chemise d’un rouge sombre, le chevalier portait sa veste d’armure en cuir la plus légère, la plus simple, lacée sur le torse. Par-dessus, son triple fourreau dorsal. Une paire de brassards aux avant-bras, chacun serré par trois sangles.
Et sur sa tête, son heaume noir et cinabre.
Mate, il ne reflétait ni les étoiles et la lune, ni l’unique torche que l’homme avait allumé pour lui tenir compagnie.

Yun Unig et Ddoeth, ses sabres courts, étaient demeurés au fourreau, croisés dans son dos. A la main il ne tenait que Galon, son sabre long. Répétait des passes d’armes, encore et encore. Des enchaînements, simples ou complexes, vifs ou puissants. Parade, feinte, attaque et défense. L’air était frais, mais l’exercice le réchauffait mieux que n’importe quelle femme. Tuait l’ennui semé par un sommeil qui se faisait désirer.

Et quand les mouvements, de plus en plus fluides et précis, se firent répétitifs, il y ajouta cette influence du métal qu’il aimait tant. La lame se fit plus aiguisée, moins large, s’hérissa de dents de scie, redevint lisse, s’allongea en une pique brillante, d’abord dure, puis souple comme un lasso. Sa concentration se divisa, attirée par quelque chose d’autre. La lame reprit sa forme normale, alors que le chevalier continuait ses passes, inlassablement.

En général, quoiqu’il fasse on ne le dérangeait pas, excepté l’Empereur ou pour ce dernier.
Pour n’importe quoi, n’importe qui d’autre, il faisait tellement bien sentir le dérangement occasionné que chacun était averti et se gardait de perturber ses activités. Bien qu’un échauffement pour tuer le manque de sommeil ne soit pas vraiment quelque chose de sacré… Loin de la même. Si son esprit n’avait pas tant fourmillé d’une incompréhensible fébrilité, il se serait laissé aller à la méditation. Mais si le sommeil le fuyait, calmer ses pensées se révèlerait tout aussi impossible que dormir.

Un coup de vent, il se figea.
Un bien mauvais juron passa ses lèvres, la torche s’éteignit.

Plongé dans le noir, Padhiver grogna son mécontentement à travers une série de grossièretés, ravala ses pensées furibondes derrière son bouclier mental. Ne pas réveiller les plus sensibles de ses frères et sœurs… Oh la collectivité pouvait bien subir sa mauvaise humeur : ça ne le dérangeait pas. Les insectoïdes n’étaient pas les êtres les plus malins d’Irianeth. Mais ses frères, ses sœurs, sa précieuse famille… Il ne se serait pas permis de troubler leur sommeil par son insomnie.

Plusieurs secondes passèrent alors qu’il laissait sa vue s’adapter à la pénombre.
Temporairement privé de la vue par la nuit, l’homme s’appuya sur son cinquième sens, demeurant sur ses gardes même dans la forteresse de son Empereur. La confiance ne régnait pas. Tous et chacun étaient un ennemi potentiel. Seuls ses frères, ses sœurs, méritaient sa confiance. Eux et son Empereur. Mais les autres étaient tous des ombres capables de décider, du jour au lendemain, de le tuer. Aucune confiance…
Galon rejoignit ses petits frères dans son dos : à la verticale.
Le chevalier s’approcha de la torche, en sentant encore la chaleur, sentant l’odeur de la flamme soufflée.

Non loin de la torche, un tonneau faisait office de table de fortune.
A tâtons, Padhiver chercha les deux pierres qui lui faisaient office de briquet.
Ah ça, il se prenait parfois à regretter de n’avoir aucun contrôle sur le feu !
Rien que créer une minuscule flammèche lui aurait été d’un grand secours, à lui qui vivait aussi bien la nuit que le jour. Il supposait que ce défaut chronique de sommeil était lié à son sang d’insecte, même si rien ne pouvait appuyer sa théorie. Car même avec peu de repos, il pouvait encore demeurer debout et actif… Jusqu’à un certain point. Jusqu’à ce que l’épuisement le gagne, ce après quoi il était plus là pour personne. Il n’était pas sûr que l’Empereur en personne puisse le sortir d’un de ces rares sommeils de plomb.

Retrouvant enfin les deux pierres, il les tapa l’une contre l’autre, jusqu’à obtenir une étincelle qui embrasa la résine de la torche. L’afflue soudain de lumière lui fit détourner ses yeux un peu trop clair, et le chevalier recula. D’un geste sec, il jeta son briquet d’infortune sur le tonneau.
Ses deux sabres courts quittèrent leurs fourreaux, alors qu’il tournait sur lui-même.
La torche dans son dos craqua, il scruta les ombres autour de lui.

    « Qui vive ! »


Question crachée rageusement : il n’aimait pas être dérangé, pas même quand il s’embêtait à lutter contre une torche récalcitrante. Il n’aimait pas que l’on s’approche de lui sans s’annoncer. Il n’aimait pas… La présence inattendue et surtout non voulue d’autrui.

Par réflexe, il dressa son bouclier mental, s’isolant de l’inconnu présent, de la collectivité, et surtout de ses pairs. Sous son heaume, les muscles de sa mâchoire tressaillir. Mais il ne baissa pas sa garde, s’y refusant… Quand bien même une petite voix lui murmurait qu’il n’avait pas intérêt à menacer la personne se trouvant devant lui.
L’instinct du combattant enfonçait sourdement sous ses bottes ferrées l’instinct de survie.
Ou le bon sens…

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Vivianne
Sorcière suprême | 1ère épouse du prince noir
Sorcière suprême | 1ère épouse du prince noir
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Date d'inscription : 12/02/2012
Âge : 24

MessageSujet: Re: Insomnie des remparts. Mar 12 Fév - 2:19

Vivianne n'avait pas envie de se battre avec des gens aujourd'hui. Elle avait simplement envie de prendre sa journée relaxe et faire comme si rien n'existait à part elle. La sorcière avait tout simplement envie de penser à sa propre personne en cette magnifique journée. Son époux n'était pas présent, il devait certainement être occupé avec ses affaires de prince. La jeune femme fut donc tentée d'en profiter afin de se refaire une jeunesse de son corps au niveau de ses muscles et de sa peau. Vivianne est encore une très jolie jeune femme mais la demoiselle préfère restée encore plus belle. Même si sa race d'elfe précise d'elle qu'elle restera éternellement jeune et belle, elle croit en certaines choses comme se baigner dans le sang de jeunes vierges. Oui, c'était bien une croyance qu'elle avait et elle le faisait environs une fois par année. La sorcière aimait bien que les choses soient fait comme elle l'entend et surtout qu'elles soient bien fait. Car tout le monde sait que lorsqu'on la décoie, on en paye de sa propre vie ou de la torture s'impose! Et bien évidemment ce n'était pas n'importe qui qui se chargeait de votre cas. C'était elle-même et elle s'en amuse grandement.


La sorcière suprême prit un bain de lait en premier afin d'hydrater complètement sa peau mais aussi y procurer d'excellentes vitamines qui lui feraient sur bien. Lorsqu'elle en sortie, elle vint simplement s'en défaire dans une grande bassine d'eau chaude où elle poursuivit un petit bain naturel. Vivianne sortit et durant tout le reste de sa journée, elle se fit plaisir et ce ne fut qu'à la tombée de la nuit que la sorcière remarqua qu'elle n'était nullement fatiguée. La blonde décida donc de quitter ses appartements qui étaient ceux du prince et décida d'aller se promener un peu partout dans le château. Elle rencontrerait peut-être des gens qui n'oseraient pas aller dormir et qui n'oseront sûrement pas essayer de la duper en inventant des mensonges sur la raison de leur chère insomnie. La première épouse décida donc d'aller vers les remparts du château, ne sachant pas trop pourquoi son coeur la poussait à aller dans un tel endroit. Après tout, lui fallait-il une bonne raison alors qu'elle cherchait justement quelque chose pour s'occuper? Mais lorsque la sorcière arriva sur les lieux, elle constata qu'elle n'était pas seule. Un homme armé complètement d'une armure était devenu fou. Il criait ''Qui Vive!'' et sortait les deux sabres qu'il possédait de ses fourreaux. S'il savait vraiment qui était dans les parages il n'oserait certainement pas lever de telles armes. Quelle stress... cet homme devrait sérieusement penser à se détendre. C'était pas possible.


- Vous semblez bien sur les nerfs, Chevalier.


Un claquement de doigts et la torche qu'il essayait d'allumer s'alluma directement. Vivianne maîtrisait l'élément du feu. Pas complètement mais assez pour faire plusieurs trucs assez sympas. Avec son heaume, elle se demandait comment il pouvait réussir à bien distinguer qui se trouvait devant lui. Ce chevalier allait devoir la reconnaître ou la sorcière n'en donnait nullement cher de sa peau vu son effronterie. Vu son pouvoir dans l'Empire, la sorcière suprême allait certainement pouvoir le descendre très bas si elle en avait envie. C'était donc aux risques et périls de ce cher chevalier complètement revêtu de son armure.


- Je te conseil simplement d'abaisser tes armes, réclama-t-elle sans bouger.


Vivianne n'était nullement armée et cela se voyait. Elle portait une simple robe qui lui allait à mi-cuisse. Celle-ci était d'un rouge vermeille, presque comme le vin. Elle portait de magnifiques souliers en cuir d'un noir de jais et ses longs cheveux blonds étaient restés détâchés. La beauté de la sorcière était très grande mais elle le savait. On la reconnaissait pour se venter de celle-ci mais plus de la facon avec des blagues sarcastiques et de l'ironie. Enfin, c'était le temps pour Vivianne de voir si cet homme habillé de son armure de fer était assez intelligent pour ne pas l'attaquer ou tout simplement idiot.

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Heaume
Chef des Chevaliers d'Irianeth
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Messages postés : 38
Date d'inscription : 05/12/2012
Âge : 28

MessageSujet: Re: Insomnie des remparts. Sam 23 Fév - 19:38

A travers les étroites fentes de son heaume, Padhiver détailla la femme qui lui faisait face. Mieux : la reconnue. Il entendit la torche, dans son dos, s’embraser de plus belle. Il ne s’en étonna pas, ne s’en extasia pas, ne s’en effraya point. La magie ne lui faisait pas peur, la sorcière suprême non plus.

Elle était connue, elle, ses superbes formes, son corps de rêve et sa beauté sans pareille.
Il était à peu près certain qu’aucune femme ne pouvait l’égaler…
Sorcière suprême et première épouse…

Elle était sans doute la personne la plus dangereuse de tout l’Empire, juste après l’Empereur. Plus dangereuse même que le fils héritier de celui-ci. Car Ryuka avait beau être promis à prendre la place de son père, pour devenir aussi puissant – voir plus ! – que lui… Pour l’instant il n’était encore qu’un jeune homme, presque un gosse. Un peu gâté, doué en tout mais génial en rien. Il était bien né, ni plus ni moins.
Alors que Vivianne… Elle avait en elle un immense pouvoir.
Sa seule magie faisait d’elle quelqu’un imposant le respect.

Après, son statut de sorcière suprême, son statut de première épouse… Ca n’était que des bonus dont elle aurait tout aussi bien pu se passer. Sans ça, elle aurait tout autant été crainte. Ca ne faisait qu’en rajouter à sa puissance.

Très calmement, le chevalier glissa ses deux lames dans son fourreau.
Avare de ses pensées, il concentra tout son pouvoir sur son bouclier mental.
Par… Instinct, plus qu’autre chose.

Ses armes rangées, ses pensées isolées, Padhiver posa humblement un genou à terre.
Indépendamment de son jeune âge, un jour Vivianne serait Impératrice.
Première épouse de l’Empereur… Oh jamais il ne la craindrait : la crainte n’était pas un sentiment dont il était familier. Mais du respect… Il en avait déjà pour elle. Elle était si différente que… Parvenir à un tel rang… Lui-même n’avait pas grand mérite : il était un pur crû d’hybride. Semi-insectoïde, fils d’une seccyeth, dans ses veines coulaient les rivières d’Irianeth. Il était de cette terre, n’avait eu à prouver que sa valeur. Mais elle ?

    « Ma Dame… »


Ne baissa pas la tête.
Il n’était le serviteur que de l’Empereur.
Il ne se soumettait totalement que devant lui.

Padhiver observa, à la lueur des flammes, la robe mettant en valeur les courbes de la sorcière, doraient sa chevelure blonde. Elle était vraiment jolie. Plus que d’autres, mais comme les autres elle n’aurait été belle que le temps d’une nuit. Et à la différence des autres, elle resterait à jamais belle à ses yeux, car jamais… Jamais il ne se passerait quoique ce soit entre eux.
Ryuka ne le permettrait pas.
Son Empereur encore moins.

Enfin son regard vert d’eau croisa le bleu de celui de la belle.
Sous son heaume, il réprima un sourire.

    « Que puis-je pour vous ? »


Car il était bien tôt pour qu’elle soit déjà levée, pour qu’elle soit déjà… Dehors, à errer dans la forteresse comme lui-même l’avait fait. Où était le prince ? A bien y penser, ne pas le savoir, c’était toujours mieux.
Il y avait peu de chance qu’elle soit là pour l’avoir chercher. Ca n’était sans doute rien d’autre qu’un hasard, que le plus pur des hasards… Mais il y avait une minuscule chance pour que ça ne soit finalement pas le cas. Il ne la connaissait pas personnellement, il était incapable de prétendre connaître le fond de ses pensées. Se méfier était de mise. Demeurer prudent et…

Ah si elle attendait quelque chose de lui, il ne tarderait pas à le savoir.

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