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Conscience ignorante.

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Maximilian
Chevalier d'Émeraude
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MessageSujet: Conscience ignorante. Sam 9 Fév - 14:49

Retour au château.

Le jeune chevalier laissa Dowm à un palefrenier, sans vraiment accorder d’attention à celui-ci. Serrant dans ses bras le corps de Ladeilthrel, il gagna sa chambre. La déposa sur son lit, réticent à l’idée de se séparer d’elle. Il aurait voulu pouvoir la garder dans ses bras, contre lui, retenir encore un peu de sa chaleur. Assis sur le bord du lit, les mains en écrin autour des siennes, il observa les traits de la jeune femme. Calmes, comme endormis. Mais elle ne dormait pas, son expression était figée. Taillée dans du marbre, froide statue inaccessible.
Usant de sa télékinésie, il trempa un linge dans la petite vasque d’eau destinée à se rafraîchir.
Nettoya le visage aux traits fins, de la poussière du voyage et du sang de la chute.

Il reposa l’étoffe sur le tabouret qui lui servait de table de chevet.
Sonda la courbe des cils, la peau légèrement dorée, les cheveux sombres.
Elle ressemblait si peu à une sholienne…

Et pourtant il l’avait reconnu. Comme s’il ne l’avait jamais quitté.

Il n’avait jamais réalisé avoir toujours eu cette présence en lui. Inconsciemment, il avait toujours gardé en lui une petite part de son âme-sœur. Elle avait toujours été là, dès son premier cri… Il n’avait jamais connu la solitude, même à des kilomètres d’elle. Sans pouvoir mettre un mot sur ce sentiment, il l’avait toujours eu en lui. Même en quittant Shola, il avait gardé sa présence gravée dans son âme. Sachant sans le savoir qu’elle était toujours là, qu’elle serait toujours là. Qu’ils se reverraient, où qu’il aille, aussi loin qu’il aille.

Or le vide soudain qui l’habitait…
Ce qu’il avait gardé d’elle…
Cette certitude de la revoir…

Ce savoir ignorant.
C’était seulement maintenant qu’il était amputé d’elle qu’il réalisait qu’elle existait, et à quel point elle avait pu exister pour lui. L’insolente chance qu’il avait eue, naître auprès de sa moitié, se trouvait condamnée. Un arrière goût amer d’injustice.

Du revers de la main, il essuya sa joue humide de larmes. Le gros vide qui l’enveloppait le pétrifiait de froid, il aurait voulu se blottir contre elle et la réchauffer, jusqu’à ce qu’elle rouvre les yeux. Oh combien c’était étrange… Lui qui était indifférent aux complexités de l’âme se retrouvait en proie de la plus grande des pertes. Face à un ennemi qu’il n’avait jamais vraiment affronté : la mort.
Il savait bien qu’elle était présente pourtant, que contre Irianeth, il aurait à l’affronter…
Mais là c’était tellement, tellement différent.
Ca n’avait tellement rien à voir.
C’était si étrange…

A nouveau il sentit les larmes couler entre les cils de son œil valide. Se mordant la lèvre, il s’arracha au lit, ceint son fourreau de taille et y glissa son épée. Sur l’épaule de sa chemise, il remarqua le sang qui tachait son épaule. S’appliquant à tourner le dos au lit, il retira le vêtement, se saisit d’une tunique courte d’un blanc beige. Par-dessus, il enfilant un manteau mi-long dépourvu de manches, doté d’une capuche.

C’était si étrange.
Et il se refusait à le partager… A partager ça avec ses pairs.
Le dire, en parler… Mais dire quoi ?
Ils n’avaient pas grandi ensemble, ne s’étaient pas vu depuis quinze ans.
Plus que jamais, elle lui manquait. Plus cruellement que jamais.

Avec soin, comme craignant de la réveiller, Max ferma la porte de sa chambre.
Incapable de fixer ses pensées, il gagna les cuisines pour récupérer des vivres.
Il n’aurait pu dire si, chemin faisant, il avait croisé quelqu’un ou pas.

Elle lui manquait tellement.
En quinze ans, jamais.
En quinze ans, elle avait toujours été là.
Même invisible.

Saisissant un sac, il y fourra un pain, une gourde d’eau. De la viande séchée.
Partir comme un voleur… Sûrement pas. Il allait falloir le dire. Falloir en parler. Dire à Syrianne : je m’en vais, pour une semaine, deux, peut-être un mois. Je vais à Shola. J’y ramène…

A nouveau, une larme, deux, trois, s’échappèrent de son œil valide.
Il essuya encore sa joue sur sa manche, ferma le sac…

C’était injuste.

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Esther
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Sam 9 Fév - 15:27

Esther se baladait dans le château. Soudain, un grand vide qui ne lui appartenait pas se fit sentir chez elle. Une vague de tristesse et...la mort ? Suivant son instinct, elle fonça vers la source de cette émotion. Elle entra dans une chambre et vit...rien. La personne était passé là et était repartie. Elle fonça dans les cuisines et vit un Chevaliers en train de préparer un sac. Pour quoi faire ? Elle ne se soucia pas des politesses et déboula devant l'autre.

- Que fait-tu ?

Ben quoi. En temps normal, elle n'aurait pas du trouver ce Chevaliers. Mais quelque chose, sans doute sa sensibilité de demi Elfe, l'avait poussé à y aller. Mais elle devait y aller. L'essence de cet homme était la même que celle qui se trouvait la-haut, dans la chambre. Elle saisi le sac et l'envoya de l'autre coté de la piece. Comment ce Chevaliers pouvait venir aux cuisines alors qu'un mort se trouvait en haut ? Elle arracha le capuchon. Ça allait mal aller pour elle. Mais elle n'avait pas le choix. Elle avait assez éberlué l'homme pour qu'il baisse la garde de ses pensées. Elle ne resista pas au besoin de les lires et fut effrayée.

- Tu pars pour Shola ! Comm...Shola...mon royaume natal...murmura t'elle avant de continuer : comment ose-tu ? Sans permission ni rien ! Et en plus toi tu...tu...

Hors d'elle, Esther ne termina pas sa phase. Elle tendit la paume et absorba la lumière de la torche en haut et la remit à sa place. Ça arrivait souvent quand elle était hors d'elle. Elle regarda le Chevalier. C'était lache de faire ça. Je veut dire, de partir sans prévenir. Elle se servit de son pouvoir de télékinésie pour faire voler un verre d'eau et faillit projeter l'eau sur le Chevalier. Elle bloqua l'accès à ses pensées au cas ou et elle réfléchit.

- Tu resent une détresse immense dont tu ne parle pas.

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Maximilian
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Sam 9 Fév - 15:59

[hrp : "Elle avait assez éberlué l'homme pour qu'il baisse la garde de ses pensées."
Ce serait gentil de respecter le fair play et de ne pas jouer mon personnage dans les posts à venir ^^]


L’arrivée inattendue d’un écuyer le fit sursauter.
Elle déboulait comme une tempête, et tout à son trouble il se trouva incapable de réagir. Elle l’accosta avec tant de rudesse qu’il se prit à songer à lui coller son pied au derrière, histoire de la remettre à sa place. Mais cette petite gamine aux cheveux sombres n’alla pas sans lui en rappeler une autre…

Un seul souvenir, une seule image.
Une gamine promettant qu’ils se retrouveraient.
Que comprend-t-on aux promesses à cinq ans ?

Mais Ladeilthrel avait eu les yeux plus clairs. Clairs comme un ciel d’hiver, comme le ciel de Shola.

Il voulut à nouveau se laisser aller au chagrin. Cependant la gamine dépassait très franchement les bornes, même avec lui qui était pourtant d’une patience sans limite avec les écuyers. Les Dieux lui soient témoins, il fallait pousser très loin pour l’agacer ou provoquer sa colère.

Quand il la sentit sonder ses pensées, sa peau déjà pâle se fit livide, et il terra son secret au plus profond de lui. Là où il faisait le plus mal, tout au fond de son être, déchirante plainte venant d’un gouffre sans fin. Max pinça les lèvres, demeura de marbre. Son œil valide posé sur l’écuyer, il s’appliqua à ne pas lui mettre la gifle qui lui démangeait la paume.

Comment oses-tu ? Sans permission ni rien !
Tu ressens une détresse immense dont tu ne parles pas.

Du tac au tac, il répliqua. Pas cassant, mais juste assez froid pour rappeler à la fillette qu’elle avait une place : celle d’écuyer. Qu’il avait la sienne : celle de chevalier. Et que, en moins d’une minute, elle lui avait donné un bon nombre de raisons de lui coller une bonne réprimande.
L’irrespect, lire ses pensées, quasiment l’agresser…


    « Tu as été nommée chef de l’Ordre au petit déjeuner ? »


Du coin de l’œil, il avisa le verre d’eau.
La tentation de le soustraire au mince pouvoir de la fille était… Mais c’aurait été puéril de retourner le verre d’eau contre elle. S’y refusant, il se concentra brièvement. L’eau gela dans le verre, puis usant de son propre pouvoir de télékinésie, il le ramena à lui, le déposa dans sa main.
Posa le verre sur une table proche.

Parla, plus doucement.


    « Oublierais-tu la place qui est la tienne, pour te comporter ainsi envers un chevalier ? »


Une question qui attendait une réponse.
Ca n’était pas un reproche, ça ne sonnait pas comme tel.

Le jeune homme posa son œil rosé sur elle.
Il connaissait les écuyers, comme les autres.
Connaissait Esther, pas personnellement mais au même titre que les autres.

Et au même titre que n’importe quel chevalier, il déplorait qu’un écuyer s’adresse ainsi à un chevalier. Dans son désespoir anxieux, il ne se sentait pas de taille à remettre en place une enfant avec patience et calme.
Silencieusement, fermant ses pensées, il souhaita qu’elle se corrige d’elle-même.
Il n’avait pas envie de perdre du temps à s’en charger.

Il n’avait pas envie de… De devoir aller voir Syrianne avec Esther, de lui expliquer le comportement de la fillette, ainsi que… Tout le reste. Il ne voulait pas voir ses pairs. Il voulait juste partir, gagner Shola et digérer son chagrin sur les routes. Tout seul, juste avec elle.
Et de si lointains souvenirs.


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Esther
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Sam 9 Fév - 18:27

Esther ne fut nul choquée. Mais fallait réagir, franchement. Elle se calma. Mais qu'avait-t-elle fait ? Encore une de ses crises. Décidément, toujours au pire miment. Elle vérifia quepersonne n'était dehors. L'image de la personne morte lui revint à l'esprit. Elle frissona. Comment certains resitaient-t-ils à l'envie de mourir soi-même et de suplier les Dieux de redonner la vie à ses proches défunts ? Irrespect. D'accord, mais...pourquoi c'est seulement elle qui avait senti ce sentiment ? Pas l'temps de poser des questions.


« Tu as été nommée chef de l’Ordre au petit déjeuner ? »

Et puis quoi encore. Il faisait son petit réprimandeur alors que lui même était à moitié submergé par la tristesse.

- Oh, vous connaissez la réponse. Mais j'ai senti votre tristesse. Or, je ne puis laisser quelqu'un, Chevalier ou pas, nager dans de tels sentiments. Lorsque j'ai vu dans la chambre d'où provenait ces émotions le corps d'une personne morte. J'ai continué à suivre mon instinct jusqu'a la source de cette détresse. C'était vous.

Elle reprit son souffle. Elle soutint le regard du Chevalier, ne remarquant pas ses yeux.
Bon, la suite du discours :

- De plus, je vous ai surpris en train de préparer des affaires. Et en cométant le geste interdit pour moi mais dans ce cas indispensable de sonder vos pensées, j'ai vu la plupart de l'origine de votre désaroi. Cette personne était quelqu'un de cher pour vous et vous vous apprétiez à aller à Shola, pour des raisons inconnues.

Elle cilla. Shola. Un Royaume mort mais qui a tant de souvenirs. Elle réfléchit à la suite.

- Et vous ne pouvez pas rester comme ça. En refusant de parler de son chagrin, il ne cesse d'augmenter. Parler en à quelqu'un. Moi, vous ne me connaissez presque pas, mais quelqu'un d'autre. Sinon, un jour ou l'autre, ce flot vous envahira. Et ce sera peut-être sur un champ de bataille. Plus vous restez comme ça, plus vous vous éloignez de votre monde.



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Maximilian
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Sam 9 Fév - 19:23

Sa détresse…
L’avait-il si mal dissimulée ?
Pour qu’elle puisse la sentir, sans doute oui.

Brièvement, il ferma les yeux. Ses frères et sœurs d’armes avaient du… Savoir, sentir également. Le contraire ne pouvait pas être possible. Si une fillette l’avait senti, eux avec qui il avait grandi…

Mais peut-être n’étaient-ils pas au château. Peut-être étaient-ils encore assoupis quand il était rentré. Peut-être dormaient-ils même toujours. Il n’en savait rien, à vrai dire il ne voulait pas savoir. Il ne voulait même pas sonder le château pour vérifier. Tant qu’il ignorait où ils étaient, il avait une excuse pour ne pas aller les trouver. Quelle mascarade…
Ses yeux se rouvrirent, la morganite brilla sous la lumière des torches de la cuisine, son œil se posa sur l’enfant.

Elle n’avait lu dans ses pensées que la surface des choses, c’était le principal.
Elle n’avait pas pu aller jusqu’au plus profond de son être, dans ces eaux inconnues à lui-même la veille au soir. Quelqu’un de cher, elle n’imaginait pas à quel point. Il ne l’avait jamais imaginé non plus… La valeur de Ladeilthrel prenait tout son sens en ces instants précis, ces premiers instants où elle n’était plus là, les premiers instants d’une longue série, puisque jamais elle ne reviendrait.
Aller à Shola, pour des raisons inconnues.
Pour une raison…

Oh toute simple.
Il voulait juste que sa cousine, son cœur et son âme, repose là où elle avait toujours été. Là où il était né, même si sa famille était devenue le royaume d’Emeraude. Là où elle, elle avait grandi. Jamais elle n’aurait du quitter Shola… Et si jamais elle ne l’avait fait, ce seraient-ils revus ?
Il aurait préféré que non… Ne jamais la revoir, ne jamais la perdre.

Dans le verre, l’eau reprit sa forme liquide.
Il tendit la main vers le sac de voyage, qui le rejoignit sous l’effet de sa magie.


    « T’es pas un peu petite pour savoir ce que peut faire le chagrin ? »


C’était facile de se défiler derrière des questions.

Parce que si elle avait peut-être raison, elle pouvait tout aussi bien avoir tord. Qu’en savait-elle ? Elle était jeune, à son âge il ignorait tout des âmes sœurs. Même aujourd’hui, la notion n’était rien de plus qu’un sentiment… Douloureux, exténuant, lié à la perte de l’autre.
Un soupire lui échappa.
Il n’était pas un lâche.
Il n’oubliait pas qu’il était chevalier.
Il n’oubliait rien.


    « Si ça peut te rassurer, je ne partirais pas sans avertir Syrianne.
    Quant au royaume de Shola, c’est de là que vient cette personne.
    »


Tout comme moi.

Et je compte bien l’y ramener, comme jamais moi-même n’y retournerait.
Ses parents étaient des inconnus, ils avaient sans doute eus d’autres enfants.

Jamais ils ne seraient sa famille, jamais Shola ne serait son royaume.
Mais ils avaient été la famille et le royaume de Ladeilthrel, et il était de son devoir de la rendre au sien. Il aurait voulu la garder pour toujours… Elle ne lui appartenait plus. Eux qui l’avaient aimé sans l’ignorer, eux devaient pouvoir lui rendre un dernier hommage. A Shola, près des siens, elle devait reposer. Et non à Emeraude. Non près de lui.


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Esther
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Sam 9 Fév - 21:18

Esther soutint le regard du Chevalier. Non mais. Qu'allait-t-il répondre ?


« T’es pas un peu petite pour savoir ce que peut faire le chagrin ? »

Eh, il la prenait pour qui ? Une gamine de 5 ans ? Qu'est ce qu'il croyait ? Qu'elle n'avait rien subit, ni la mort d'un proche ni rien ? Et bien il se trompait. Elle, elle avait subi la mort de toute sa famille à 6 ans. Alors qu'il ne vienne pas se plaindre. Cette discution avait réveillé des souvenirs...de Shola. Son Royaume natal. Celui auquel elle sera toujours attachée. Des souvenirs abandonnés dans la glace. Des souvenirs brumeux. Des souvenirs d'avant la mort de sa famille. Avant. La passé. Si dur à rattraper. Et le futur. Jamais fixe.

- Vous me prenez pour qui ? J'ai connu beaucoup de chagrin. Et moi, c'était celle de toute la famille quand j'avais le tiers de votre âge ! Ne vous fiez pas aux apparences.

Elle avait dit cela sur un ton plus sec qu'elle avait prévu. Mais elle détestait qu'on la sous-estime. Son regard se fit plein de défi. Elle crispa ses muscles. Mais pourquoi les autres ne sentaient pas la vague de tristesse ? À cause de sa sensibilité, parce qu'ils dormaient ou autre ? En tout cas, y'a qu'elle qui réagissait.

« Si ça peut te rassurer, je ne partirais pas sans avertir Syrianne.
Quant au royaume de Shola, c’est de là que vient cette personne. »


Me rassurer ? Et puis quoi encore. Elle n'avait nul besoin d'être rassurée. Et en plus, il mentait surement. Son oeil le trahissait. Dehors, une fine averse nocturne se mit à tomber. Super ambiance. On entendait plus que les gouttes. Esther attendait en pensant à tout ce qu'elle aurai pu faire si ses parents étaient vivants. Mais on ne ratrappe Jamais le passé.

- Et bien, ça n'avait pas l'air d'être ton intention.

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Maximilian
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Dim 10 Fév - 11:34

Le chevalier adressa à l’enfant un doux sourire débordant de patience et de compréhension. Le ton qu’elle avait utilisé… Vraiment, il aurait pu lui botter le derrière et lui suggérer d’aller tenir compagnie aux palefreniers, jusqu’à ce que les écuries soient aussi propres que la chambre du roi. Il se garda pourtant de le faire : c’était une enfant. Elle avait beaucoup à apprendre, même si, comme elle le disait, elle avait « connu beaucoup de chagrin ».

Posant le sac à ses pieds, Maximilian s’assit sur le banc de la table proche d’eux.
Et bien ça n’avait pas l’air d’être ton intention.


    « Ne te fies pas aux apparences. »


Réponse rapide, vive, mais calme, posée.
Sans agressivité, sans impatience ou agacement.

Les mots qu’elle lui disait la seconde d’avant : ne vous fiez pas aux apparences.
Il ne s’était fié qu’à une chose : elle avait plus ou moins une dizaine d’années.
Elle pouvait avoir connu certaines choses, elle ne pouvait pas avoir tout connu.
Il poursuivit, toujours sur ce même ton posé.


    « Tu sais les chagrins sont tous différents.
    Ton vécu n’est pas le mien, et tu ne peux pas prétendre savoir ce qu’il m’en coûtera de garder ma peine pour moi.
    »


La répartition n’avait pas encore eu lieu : aucun d’entre eux n’avait d’écuyer. Alors pour l’instant, pour sa part il considérait que tous les chevaliers avaient pour devoir d’enseigner à chaque écuyer. A l’occasion, il ne s’en privait pas. Ne pas avoir de maître ne devait pas les empêcher d’apprendre.
Et qu’Esther n’ait pas de maître ne devait pas l’empêcher d’apprendre.

Que les chagrins ne se comparaient pas. Que chaque être y faisait face à sa façon.


    « Et lire mes pensées ne t’as permis de voir que la surface des choses.
    Tu n’avais pas à le faire, ça n’était pas « indispensable ».
    D’abord parce que c’est violer mon intimité et ça, rien ne t’y autorise.
    Ensuite parce que cela t’as trompé sur mes intentions : je ne serais jamais parti sans en avertir notre cheffe.
    »


Il s’était appliqué à ne pas prendre un ton moralisateur, à ne pas prendre le ton de la réprimande. Il ne la grondait pas, il ne lui donnait pas de leçon. Il essayait juste de lui faire comprendre là où elle s’était trompée, là où elle se trompait.

Le jeune chevalier n’ajouta rien. Son œil de pierre scintilla en tournant dans son orbite, alors que son œil de chair demeurait doucement posé sur l’écuyer, comme la délicate rosée d’un pâle matin. Une de ses mains posée sur la table, l’autre sur la garde de son épée. Il songea qu’il aurait été incapable de punir Esther pour son comportement qui frôlait l’irrespect, ou même ne serait-ce que de la disputer pour ça. La seule réelle émotion qui le traversait était ce cruel manque, ce cruel vide empoisonnant qui coulait en lui. Il avait pourtant l’habitude de remettre les écuyers en place, quand c’était nécessaire, avec un brin d’humour. Ca permettait de donner à une réprimande un petit air jovial et léger, comme si ça n’était pas grave.

Or là…

Non, pas d’ironie, pas de sarcasme. Pas de remise en place humoristique.
Son calme frôlait presque une douloureuse indifférence.


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Esther
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Dim 10 Fév - 15:05

Esther faillit dire queulque chose qu'elle regeretterais.


« Tu sais les chagrins sont tous différents.
Ton vécu n’est pas le mien, et tu ne peux pas prétendre savoir ce qu’il m’en coûtera de garder ma peine pour moi. »


Pff. D'accord, un Chevalier, mais obstiné à ce point...et bien tanpis. Lorsque son chargrin explosera, il ne dira pas qu'on ne l'aura pas averti. Esther prépara sa réponse. Nette et franche. Une lame qui siffle dans l'air.

- Et bien si c'est ce que vous pensez. Je n'ai dit que mon avis. Plus vous y penserez, plus vous vous éloignerez du monde des vivants.

Elle haussa les épaules. Elle réfléchit un instant. Elle ne prédisais pas l'avenir, mais ça au moins elle le savais. Ne pas en parler, c'était d'une certaine manière penser que les autres n'étaient pas dignes de confiance. Mais bon. Si il se bornait à garder son secret, libre à lui.

« Et lire mes pensées ne t’as permis de voir que la surface des choses.
Tu n’avais pas à le faire, ça n’était pas « indispensable ».
D’abord parce que c’est violer mon intimité et ça, rien ne t’y autorise.
Ensuite parce que cela t’as trompé sur mes intentions : je ne serais jamais parti sans en avertir notre cheffe. »


Oui, encore de la morale. Youpi. Dansons. Faut dire qu'elle n'aimait pas ce ton.

- Et bien ça n'avait pas l'air d'être vos intentions. Je ne vous accuse pas, mais quand même. Il n'est pas à moi d'en juger.

Elle faisait de gros efforts pour garder son calme. Non pas qu'elle veuille faire jaillir ses émotions : c'est qu'elle ne voyait pas comment lui gardait le sien. Franchement. Elle s'attendait à tous moment à voir débarquer des Chevaliers, mais rien. Ils étaient insensibles à ce point ? Esther passa en revue la pièce. Rien.
L'aube n'était même pas levée. La seule lumière émanait de la torche.


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Maximilian
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Dim 10 Fév - 19:35

Sans paraître froissé ou perdre son calme, Maximilian écouta la jeune fille.

Plus vous y penserez, plus vous vous éloignerez du monde des vivants.
Comment prétendre y appartenir encore ? L’aurait-il voulu qu’il lui aurait avoué ne déjà plus en faire complètement parti. Il aurait pleuré n’importe lequel de ses frères ou sœurs d’armes. Il aurait pleuré la mort de l’un d’entre eux comme jamais. De même qu’il aurait pleuré la mort de Wimwen ou Meoran, même s’ils ne l’avaient pas élevé. Ils avaient été ses parents. Il aurait regretté amèrement de les perdre, aussi peu liés soient-ils.

Mais pour aucun d’entre eux il n’aurait ressenti physiquement cette perte.
Pour aucun d’entre eux il n’aurait eu cette impression d’avoir perdu un bout de lui. Ladeilthrel avait été la moitié de son âme, la moitié de son cœur. Avoir vécu ses premiers jours auprès d’elle, avoir passé les cinq premières années de sa vie avec elle n’avait fait que renforcer le lien entre eux. Un lien déjà fort, un lien entre deux âmes sœurs. Qui avait été forgé dès son premier cri, peut-être même avant même qu’il ne naisse. Son premier souffle, son premier cri, son premier regard… Elle avait toujours été là.

Quand bien même était-il parti pour Emeraude que ces cinq années passées avaient déjà rendu puissant ce lien entre eux. Au point que même la distance n’en vienne pas à bout.

Il avait toujours été insouciant, toujours heureux.
Elle avait toujours été là, au fond de son cœur.

Le vide qu’elle laissait…
Elle s’était bâtie dans son âme une place, dès le début.
Avant même qu’il ne sache parler, marcher, sourire.
Elle avait été son premier souffle, son premier battement de cœur.

Et plus rien de tout ça n’existait…
Le monde des vivants ? Une partie de lui l’avait quitté avec elle.
La partie de lui qu’il avait laissée dans le cœur de Ladeilthrel.

Comme il y songeait, la douleur se fit aussi vive que la lame brûlante d’un poignard.
Se mordant la lèvre inférieure, le chevalier détourna le regard vers la fenêtre.
Dans le brouillard d’une nuit mourante, prête à céder le pas au jour, on distinguait la finesse d’une pluie légère, apportant avec elle la fraîcheur de l’aube. Le sol serait détrempé… Plus d’une monture serait sans doute handicapé, mais pas Dowm. Le puissant étalon n’était pas le plus rapide, cependant il ne craignait ni la nuit, ni le froid ou la pluie.

Son attention revint sur l’écuyer.
Tantôt elle le vouvoyait, tantôt le tutoyait.

Le sourire du jeune homme s’était terni comme une feuille morte, et il n’y avait plus que son œil de morganite pour briller encore. L’autre, le vivant, semblait plus mort que vif. Bien plus mutiler que l’autre, qui n’était pourtant que postiche.
Un instant, Max l’observa.
Silence. La fine bruine dehors…


    « Que sont les chevaliers les uns pour les autres ? »


Une question.

Le même ton calme. Plus aussi insouciant et patient que l’instant d’avant, plus aussi doux. Mais toujours calme. Neutre. Une question à laquelle il n’existait pas de réponse théorique. Seul le cœur pouvait y répondre, et chaque cœur y répondait à sa façon.

Et si elle avait la réponse, elle comprendrait.
Pourquoi il ne serait jamais parti sans prévenir qui que ce soit.
Pourquoi il ne quitterait jamais totalement le monde des vivants.

Il s’y trouvait ses sœurs. Ses frères.
Sa famille.

Et aussi loin que soit son cœur, sa place demeurait auprès d’eux.


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Esther
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Dim 17 Fév - 9:23

Esther se mordillait la lèvre de l'intérieur. Elle avait l'impression que "l'odeur" de la mort envahissait de plus en plus le château. La sensation que quelqu'un avait quitté ce monde. C'est d'ailleurs ça qui l'avait poussée à venir. Elle, elle eu vite fait de venir compte tenu de cette sensation de désespoir. Mais les autres n'étaient pas là. Bon, ils dorment surement. Elle pensa à la vie et à la mort. Même si la personne morte était une partie de soi même, il ne servait à rien de pleurer. Pleurer ne les ramènera pas à la vie, et d'ailleurs, rien ne les ramènera à la vie. Ce n'est donc pas les litres de larmes qui effaceront la douleur. Le seul remède est le temps, et ce Chevalier le sait,mais il refuse d'y croire. Il fallait qu'il parle de tout cela à quelqu'un, genre son meilleur ami. Mais si il voulait garder ça pour lui, pas grave. Elle regarda elle aussi vers le fenêtre. L'aube se levait, et avec elle, le départ d'un Chevalier. Pas pour toujours, évidemment, mais quant même. La douleur qui déchirait le coeur de l'autre pourrait se sentir à 15 mètres. Plus encore. Une fine averse se mit à tomber.
Mais elle doutait que le sol boueux suffise à ramener l'autre à la raison. Non pas qu'il ne fallait pas qu'il ramène la morte à Shola, mais il se laissait submerger par son chagrin. Une pensée la secoua soudain. Elle avait lu quelque chose dessus ou un cours, elle ne savais plus. Les âmes-soeurs. Et si la femme était celle du malheureux Chevalier ? Ça, ce serai le pire. Une partie de soi même, la moitié de son âme qui s'envole. Mais le demander serai trop indiscret. Esther commençait à se sentir mal à l'aise, mais n'en laissa rien paraitre. Rester impassible.

- Que sont les chevalier les uns pour les autres ?

- Des...confidents. Beaucoup plus que des confidents. Ils partagent les joies comme les peines et ne se cachent rien. Si ce n'est pas trop indiscret...la femme, vous...l'aimiez ? Vous pouvez...ne pas m'en parler si vous ne voulez pas...

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Maximilian
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MessageSujet: Re: Conscience ignorante. Mer 20 Fév - 9:15

Comme un escargot un peu timide, le chevalier tendit ses sens magiques vers la gamine. Sonder les gens n’était pas sa spécialité, alors il ne sentit que très vaguement le malaise de l’enfant. Une enfant magique… Et comme les autres, elle était victime de sa propre sensibilité. Elle apprendrait, elle aurait même déjà du apprendre au contact du magicien d’Emeraude. Mais pour peu que son don soit un peu trop sensible, il lui faudrait encore quelques années pour le maîtriser totalement.
Se fermer au mal être des autres.

Des… Confidents.
… Et ne se cachent rien.

Il opina avec un léger sourire.
Elle répondait elle-même à ses doutes, à ses craintes.
Il ne serait pas parti sans prévenir ses frères et sœurs, car ça n’était pas dans leur mentalité. Ils avaient appris ensemble, ils avaient grandi ensemble. Ils ne se cachaient rien : ils ne pouvaient rien se cacher. Ils étaient trop proches les uns des autres pour le faire. Oh bien sûr il ne parlerait peut-être pas tout de suite, il ne dirait sans doute pas tout.
Mais il parlerait à Syrianne avant de partir.
Et les autres comprendraient, les autres sentiraient ce qu’il ne disait pas.
Entre eux, les mots étaient superflus.

Puis la question de l’écuyer…
Le sourire de Maximilian se fit encore plus triste.
Son regard rosé s’éteignit comme une flamme soufflée.


    « Tu n’es pas indiscrète petite sœur. »


Tu poses des questions car tu ne peux pas avoir des réponses sans le faire. Et je préfère cent fois ça à une intrusion mentale. Enfin, un jour tu seras chevalière. Tu es une enfant, mais tu es déjà des nôtres. Tu es déjà une de mes sœurs, même toute petite.

Le chevalier déglutit, ferma les yeux.
Chercha les mots pour…
Il entrouvrit les lèvres, et un murmure tremblant en sorti.


    « Je l’aime plus que tout. »


L’aimait.
Mais il ne pouvait pas en parler au passé, parce qu’à jamais son cœur lui appartenait. Elle était partie avec, et dans cent ans il l’aimerait toujours autant.

La douleur se faufila jusqu’à son cœur, s’y enroula comme un brouillard givrant, mordant. Y tissa une toile étroite qui sembla l’étouffer. Les larmes vinrent à nouveau à son œil valide, et il ne les empêcha pas de couler. Il voulut reprendre, sa voix s’étrangla dans sa gorge.
Son absence, la perte physique… Il pleurait de souffrance.
Une souffrance qu’il allait devoir apprivoiser pour vivre avec.

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